La nature détraquée par les pesticides

 

Les Etats-Unis doivent faire face à une invasion de petites mouches blanches, Bemisia tabaci, qui menacent les cultures de Floride. Paradoxalement ce cas met en lumière les désordres écologiques provoqués par l’agriculture chimique sensée éliminer ce genre de problème. On vous explique les faits. (Le Monde)

paysage monoculture

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L’aleurode du tabac (Bemisia tabaci) qui résiste à la majorité des familles d’insecticides, est porteur d’au moins une soixantaine de virus dont certains sont dévastateurs pour les cultures et se trouve capable de vivre sur 9 types de plantes différentes. Sa présence en Floride commence à sérieusement inquiéter les agriculteurs qui les voient se déplacer en si grand nombre que cela forme des nuages au-dessus des cultures. Surtout ces mouches deviennent néfastes pour les plantes car leurs déjections entrainent l’apparition de champignons sur les feuilles qui empêche la plante de faire sa photosynthèse. Les plantations les plus touchées sont le coton, le melon, la tomate et le haricot dont un grand nombre perdent leur comestibilité.

Ce n’est pas le premier cas d’insecte qui résiste aux pesticides : on relève en effet de nombreux autres cas aux Etats-Unis mais également en Europe. Pourtant, la plupart de ces insectes ne sont résistants qu’à une seule famille de produit chimique. En effet, la résistance d’un insecte provient le plus souvent de l’apparition d’une mutation dans le génome de l’animal qui lui permet de résister à un insecticide et lui permet alors de prospérer, ses prédateurs ayant été quant à eux tués par l’insecticide.

L’agriculture intensive constitue « un havre pour les ravageurs, surtout lorsque leurs prédateurs sont tués par les produits chimiques », comme l’affirme François Veillerette, président de l’association Générations futures.

Mais au lieu de se diriger vers des modes de production bannissant produits chimiques en tout genre, les agriculteurs sont incités à varier les pesticides sur leurs cultures afin de limiter le développement de résistances. Certes, ils sont amenés à varier leurs cultures pour que les ravageurs puissent moins s’installer, mais varier les pesticides, c’est tout de même continuer à en utiliser et poursuivre le déséquilibre entre espèces, créateur de ravages pour l'agriculture mais aussi les espaces naturels. La solution pour préserver notre faune et notre flore sauvage ne réside-t-elle pas plutôt dans l’arrêt de cette agriculture chimique pour que la nature puisse retrouver un équilibre où culture, insectes et plantes sauvages trouvent un équilibre et s’autorégulent ? 

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