Quand les néonicotinoïdes castrent les abeilles

Les néonicotinoïdes sont sévèrement soupçonnés d’être la raison de la baisse des populations de nombreux pollinisateurs. Ces pesticides, surnommés « tueurs d’abeilles » ont été étudiés par des chercheurs de l’Institut de la santé des abeilles de l’Université de Berne, en Suisse. Ces derniers ont fait une découverte très inquiétante : les néonicotinoïdes agissent comme contraceptifs sur les abeilles mâles. (Le Monde)

repro abeille

Accouplement d'une future reine et d'un faux bourdon (source)

Des mâles moins fertiles

L’étude des chercheurs bernois a montré que certains néonicotinoïdes, dont la clothianidine et le thiaméthoxame, étaient responsable de nombreux troubles chez les mâles. En effet, lorsque ces derniers étaient contaminer par ces pesticides vivaient moins longtemps, disposaient d’une quantité de sperme réduite à 39% et avait une viabilité moindre.

Il faut savoir que la durée de vie des faux bourdons est déjà réduite et que leur sperme doit déjà effectué un parcours du combattant pour féconder la reine. Ces animaux ne vivent que un ou deux mois, période durant laquelle ils doivent trouver une future reine et se reproduire. De plus, leurs spermatozoïdes doivent effectuer un voyage qui peut durer 40 jours pour élire domicile dans la spermathèque de la femelle, organe de stockage des spermatozoïdes.

Ces mâles avec une vie plus courte et un sperme moins actif offrent une reproduction de moins bonne qualité, ce qui peut mettre en péril la création ou l’entretien de colonies d’abeilles.

D’autres méfaits des néonicotinoïdes

En plus d’attendre les performances de reproduction des faux bourdons, ces pesticides peuvent avoir un impact sur la vie de chaque abeille. En effet, ces substances peuvent bloquer des neurotransmetteurs de l’abeille. Cela provoque une stimulation anormale des nerfs qui les paralysent et entraine leur mort.

L’impact sur les faux bourdons pourrait également être indirect. Ces molécules pourraient réduire l’activité de glandes présentes chez les abeilles nourrices et ainsi entrainer des déséquilibre alimentaires chez les larves.

Alors que les néonicotinoïdes restent les pesticides plus utilisés, cette nouvelle étude montre, une fois de plus, l’impact négatif qu’ils peuvent avoir sur les pollinisateurs sauvages et sur les abeilles domestiques. Il est grand temps que des décisions drastiques interdisant ces produits soient mis en place, en Europe, mais également dans le monde. Car ce qui fait du tue les abeilles nous rend plus faibles.

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