Bure : quand l’Etat n’apprend pas de ses fautes

Visiblement, le projet de Notre Dame des Landes n’a pas servi de leçon à l’Etat français. C’est désormais à Bure, dans la Meuse, que des citoyens, des représentants de l’Etat et l’Agence nationale de la gestion des déchets radioactifs (Andra) entrent en conflit autour d’un projet d’enfouissement de déchets nucléaires, appelé Cigéo (Médiapart, l’Obs, Sortir du nucléaire).

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Le projet

Le projet est de créer une zone d’enfouissement à grande profondeur de déchets nucléaires hautement radioactifs. En 2008, l'Andra a lancé un appel à candidature après de 3115 communes réparties sur 20 départements. Une trentaine se sont portées candidates pour toucher de belles compensations financières, au mépris des risques sanitaires et environnementaux pour qu’enfin Bure soit choisi. Il faut en effet savoir que ces déchets resteront radioactifs pour des centaines de milliers d'années : c'est donc peu dire que les générations futures seront impactées. On comprend dés lors la mobilisation née contre le projet. 

Au moins de juin, le bois de Lejuc a été occupé une première fois pendant plusieurs semaines par les ZIRAdiés, en référence à la Zone d’Intérêt pour la Reconnaissance Approfondie de l’Andra. Ses occupants ont été expulsés le 7 juillet avant que le tribunal n'ait pu statuer sur leur expulsion. Le projet Cigéo est depuis passé devant le Parlement. Cela se déroulait le 11 juillet dernier, dans un hémicycle désert. En effet, la proposition de loi « précisant les modalités de création d’une installation de stockage réversible en couche géologique profondes des déchets radioactifs de haute et moyenne activité à vie longue » a été adoptée, alors que seulement une vingtaine de députés étaient présents et que la Ministre de l’Ecologie ne s’est pas déplacée.

On retrouve des caractéristiques du transfert de l’aéroport de Notre Dame des Landes. En effet, on en encore face à un projet qui décide avant de prendre en compte l’avis des habitants impactés par l’aménagement alors que les problématiques environnementales sont extrêmement importantes. On voit aussi une fois de plus l’Etat prendre des décisions sans réels engagement dans les discussions.

 

Les affrontements du 16 et 17 juillet 2016

Des centaines de manifestants venus de toute la France se sont retrouvés vers le bois Lejuc, tout près de Bure, afin d’occuper la zone et de manifester leur mécontentement face au nucléaire. Un appel avait auparavant été lancé lors du festival de Notre Dame des landes lors du festival qu’ils organisaient les 9 et 10 juillet, afin d’ouvrir un « été d’urgence ». Après des conflits avec les gendarmes et le service de sécurité de l’Andra, faisant état de 5 blessés, les manifestants ont réussi à entrer dans le bois. Il est désormais installé une cantine, des tentes et des cabanes sous les arbres, protégées par des barricades de bois mort.

De nouvelles actions sont en cours d’élaboration et de nouveaux conflits vont voir le jour. Les opposants aux projets ne comptent pas en rester là et annonce un le « début d’un été qui va être chaud ». Ces habitants attendent le soutien de nombreux citoyens car comme le dit un paysan travaillant à 10 km de Bure, « « Ici, on n'a pas de densité démographique, il faut que ces jeunes viennent, sinon on ne peut rien faire. Et il faut parler de ce projet à l'extérieur, le problème n'est absolument pas local ». Ces projets ont une attente direct à l’environnement, mais aussi envers les citoyens dont certains luttent pour l'ensemble de la population. Bure est une véritable bombe à retardement de maladies pour les générations futures et ça nous révolte.

Et vous, chères petites abeilles ?

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