2015 : l’enfer continue pour la planète

Le rapport international sur l’état du climat en 2015 a été dévoilé le mardi 2 août. Ce document de 300 pages auquel ont participé 450 scientifiques du monde entier explique que 2015 est la pire année de l’histoire moderne en terme de sécheresse, recul des glaces, inondations, température, etc (Le Monde).

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Inondation de la Seine à paris le 3 juin 2016 (Le Monde)

Dans ce rapport, aucun indicateur du climat ne montre une amélioration de celui-ci. En effet, alors que l’année 2014 avait enregistré des records de température, le phénomène météorologique El Nino n’a en rien fait baisser la température en 2015. La partie du monde la plus touchée par cette augmentation de la température est l’Arctique, avec une augmentation de 2,8°C depuis le début du XXème siècle. Sachant qu’il est maintenant établi que l’augmentation de la température est dû principalement à l’augmentation de la concentration de trois gaz dans l’air qui sont le dioxyde de carbone, le méthane et le protoxyde d’azote, les expert de ce rapport les ont étudié à partir de dizaines de milliers de relevés tirés de nombreuses bases de données indépendantes. Leurs analyses montrent que ces 3 gaz à effet de serre ont atteint des niveaux sommets en 2015. Par exemple, à Hawaï, la concentration de CO2 a frôlé la barre symbolique des 400 parties par million (ppm), soit une hausse de 2,2 ppm par rapport à 2014. Ce réchauffement de la planète entraine une montée des eaux, qui augmente chaque année de 3,3 millimètres. Cette augmentation de la température entraine également une baisse d’une partie de la biodiversité, et une augmentation importante de certaines espèces, dont les algues qui ont envahies la côte du Pacifique Nord, de la Californie au Canada, avec des « effets significatifs sur la vie marine, les ressources côtières et les habitants qui dépendent de ces ressources », selon ces experts.

Mais le dérèglement climatique ce n’est pas que l’augmentation de la température, c’est aussi l’augmentation de catastrophes climatiques. En effet, les ouragans ont été bien plus nombreux en 2015. Alors que l’on compte en moyenne 82 violentes tempêtes par an, 2015 en a vu passer une centaine. De plus, les pluies sont plus abondantes, entrainant une hausse du nombre de grandes inondations. On voit aussi apparaitre une augmentation importante entre 2015 et 2014 du nombre de sècheresses sévères. En effet, alors que 8% du globe était concerné en 2014, ce n’est pas moins de 14% de la planète qui a subit cet évènement climatique.

Malgré un tel bilan, seulement 22 pays, principalement insulaire et ne représentant que 1% des émissions de gaz à effet de serre,  ont ratifié l’accord de Paris entrainant un engagement à contenir et non réduire les émissions de ces gaz. Pourtant les problèmes climatiques liés à nos modes de vie sont plus important chaque année. A Apis Sapiens, on pense que chacun peut être acteur de son climat, par de petits gestes simples. On vous a pour cela concocté un kit écocitoyen, regroupant des actions simples à mettre en place pour notre planète. Comme on dit ce sont les petits ruisseaux qui font les grandes rivières.  

Critiquer les pesticides : le parcours du combattant de l'Anses

Le lundi 25 juin 2016, l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation (Anses)  a publié un rapport intitulé « Expositions professionnelles aux pesticides en agriculture » (lien pour lire le rapport central). Ce dernier a suscité de vives tensions entre la direction de l’Anses et les experts mandatés pour l’établir. L'Anses, créée en 2010, a des missions de veille, d’expertise, de recherche et de référence dans la santé humaine, la santé, le bien-être animal et la santé végétale. Elle assure également l’évaluation avant mise sur le marché des pesticides, biocides et produits chimiques. (Le Monde , conclusions)

anses agri pesticides

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Loi biodiversité adoptée, des avancées timides

Quarante ans après la loi de 1976 sur la protection de la nature, après avoir été annoncée il y a 4 ans par François Hollande, après 2 années de navettes entre députés et sénateurs, le projet de loi pour «  la reconquête de la biodiversité, de la nature et des paysages » a été adoptée le 19 juillet 2016. Cette loi, influencée par de grands groupes de lobbies et des ONG comporte de petites avancées et de gros points noirs pour la protection de l’environnement (environnement magazine et Le Monde).

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Nature et agriculture : des recherches en plein champ font leurs preuves

Le Centre d’études biologiques de Chizé, dans les Deux Sèvres, a restitué les résultats annuels de son laboratoire. Selon eux, le rendement économique des céréaliers peut être augmenté en divisant par deux la quantité d’herbicides et d’engrais répandus, et sans que ces derniers ne soient remplacer par quoi que ce soit ! (Le Monde)

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Ce Centre d’études, constitué de chercheurs du CNRS, du CBC et de l’Université de la Rochelle, travaille depuis 20 ans sur « zone atelier » de 450 km², qui recouvre 400 exploitations agricoles et plus de 15 000 parcelles. Des études en lien avec les agriculteurs sont mises en place autour du paysage et des relations entre la biodiversité et les exploitations agricoles.

Moins d’herbicides et d’engrais pour une meilleure récolte

Ces chercheurs travaillent actuellement sur l’influence des engrais azotés et des pesticides sur l’environnement. Des études sur ces pratiques agricoles ont déjà été effectuées mais jamais en plein champ. Les résultats obtenus ne sont donc pas représentatif de la réalité du terrain.  Les engrais sont utilisés pour avoir plus de rendement et les herbicides pour avoir moins d’adventices (« mauvaises herbes »). Le problème est que les engrais entrainent également une augmentation de la croissance des adventices.

En 2007, une première étude montrait qu’une baisse importante d’herbicides n’avait pas d’influence sur les rendements. En effet, les herbicides utilisés feraient « baisser la diversité d’adventices en détruisant bien plus les espèces rares que les espèces communes qui portent, elles, préjudice aux cultures », selon Vincent Bretagnolle, président de la zone atelier.

Pour ce centre d’étude, une baisse des engrais et des herbicides pourraient entrainer une baisse des dépenses pour les agriculteurs et leur permettrait tout de même d’avoir de bons rendements.

Fleurs, abeilles et Homme sont interdépendants

Une étude a également vu le jour autour de nos amis pollinisateurs. Sur 50 ruches, différents paramètres ont été analysés comme la mortalité, la démographie, la taille du couvain, la production de miel, la présence de pathogènes et le type de nectar récolté. Cela a montré que les pollinisateurs, dont les abeilles avaient besoin de plantes sauvages pour nourrir leur colonie entre la floraison du colza et du tournesol. Sans ces adventices, les abeilles se retrouvaient en carence alimentaire. Cette perte d’abeilles domestiques et sauvages entrainerait une baisse de rendement de 20% pour le tournesol. Il est donc une fois de plus décrit que les abeilles et les fleurs ont besoins les unes des autres pour survivre, mais aussi que l’Homme en a besoin afin d’assurer une meilleure récole.

Le paysage : une complexité à ne pas oublier

Les caractéristiques d’un paysage ont une grande influence sur l’environnement. Par exemple, les chercheurs de cette zone d’étude ont montré qu’une parcelle en bio pouvait avoir une influence positive sur une parcelle adjacente en conventionnelle. De plus, l’histoire agricole d’un paysage est importante pour comprendre ce qui s’y passe aujourd’hui. En effet, il a été trouvé des traces de certains néonicotinoïdes dans des végétaux n’y étant directement exposé mais ce trouvant dans une parcelle qui avait été traité par cette molécule il y a quelques années. Cela est inquiétant et montre bien le manque de données scientifiques sur les réelles atteintes qu’ont les néonicotonoïdes sur l’environnement.

Des études se mettent donc en place afin de comprendre comment l’Homme et la Nature peuvent coexister. Ce type de recherche expose en plein jour la présence de pratiques alternatives simples à mettre en place. Si les décideurs pouvaient mettre le nez dans ces recherches et entendre la voie de chercheurs proches de la réalité et de la terre, les abeilles pourraient voir le bout du tunnel.